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Rapport 2020 sur l'état de la corruption au Burkina Faso
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Le rapport 2020 sur l’état de la corruption est le résultat d’une enquête d’opinion des populations urbaines et semi-urbaines sur la fréquence du phénomène au Burkina Faso et sur ses facteurs déterminants. Il analyse également l’état de la lutte anti-corruption, en passant en revue les actions de l’État (Gouvernement, Parlement, Justice, Corps de Contrôle), du REN-LAC et de la Presse. La corruption est un phénomène qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes ces dernières années dans notre pays. Plus de trois quarts (3/4) – soit 81,95% – des enquêtés estiment actuellement que les pratiques de corruption sont fréquentes voire très fréquentes au Burkina Faso. Cette proportion était de 75,7% en 2019 et de 67,2% en 2018. Plus de 4 personnes sur 10 affirment que le phénomène est même en augmentation par rapport à l’année 2019. L’Indice synthétique de Perception de la Corruption (ISPC), calculé à partir de la perception des enquêtés sur la fréquence et l’évolution de la corruption, montre une constante augmentation du phénomène depuis 2016. La proportion des enquêtés qui pensent que la corruption augmente au Burkina Faso est passée de 10,1% en 2016 à 42,4% en 2020, soit un écart de plus de 30 points de pourcentage en l’espace de quatre ans seulement. Malheureusement, l’analyse des actions de lutte anti-corruption au sommet de l’État et dans l’administration publique prouve à suffisance que le pouvoir en place n’a pas encore pris la pleine mesure de la situation. Le rapport constate une inertie voire une impuissance à peine voilée de l’Exécutif face au développement du phénomène. Ni le Président du Faso ni son Premier ministre, encore moins les autres membres du gouvernement, n’ont été dans de bonnes dispositions pour engager une lutte sans merci contre le phénomène. En témoignent les nombreux scandales de malversations et de fautes de gestion qui ont éclaboussé certains membres du gouvernement au cours de l’année 2020 sans qu’aucune mesure n’ait été prise. Quant à l’Assemblée nationale, elle a eu très peu d’actions perceptibles en matière de lutte anti-corruption, en dehors de la mise en place de deux Commissions d’Enquête parlementaire (CEP) dont une sur la téléphonie mobile et l’autre sur la promotion immobilière. Du reste, les résultats de la CEP sur la promotion immobilière n’ont pas été rendus publics. En outre, les suites données à la plupart des Commissions d’Enquête parlementaire et Missions d’Information parlementaire ne sont pas connues du public en général et des acteurs de la lutte anti-corruption en particulier. Le manque d’engagement de ces deux institutions a été atténué par les actions de certains Corps de Contrôle et de la Justice. Cette dernière a ouvert plusieurs informations judiciaires au cours de l’année 2020 sur des affaires de corruption parmi lesquelles on peut retenir les affaires Bouda, DG de l’ACOMOD et DG adjoint des Douanes. En dépit de ces efforts appréciables de la Justice, certaines affaires emblématiques de corruption continuent de dormir dans les tiroirs des juges à l’image des dossiers Ousmane Guiro, ancien DG des Douanes, et Nathalie Somé, ancienne Présidente du Conseil supérieur de la Communication (CSC). Par ailleurs, nous constatons que les juridictions de premier degré semblent plus sensibles à la lutte contre la corruption que celles du second degré. Cette situation annihile les actions de répression contre de nombreux auteurs de crimes économiques, puisque plusieurs décisions de condamnation rendues en première instance ont été infirmées en appel.

Date de publication :
20 - 01 - 2022, 11:31
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